Le catalogue de l’exposition organisée par un groupe d’artistes mostaganémois à l’occasion de la manifestation Alger capitale de la culture arabe en 2007 a été l’occasion de réunir treize artistes plasticiens du meilleur crû de la région. L’exposition s’est déroulée à Alger et a regroupé Mohamed Oulahaci, Adlane Djeffal, Saïd Chender, Saïd Debladji, Amina Hammadi, Chérif Slimane, Nouredine Belhachemi, Mohamed Djelloul, Sidali Benbouta, Sidahmed Guettaoui, Saïd Benali et Abderrahmane Mostefa. Plusieurs de ces artistes enseignent à l’école régionale des Beaux-arts de Mostaganem, dirigée par le miniaturiste Hachemi Ameur, à la fois un exposant dans cette manifestation et son commissaire.
Ameur est un miniaturiste, le plus moderne de tous les temps, et son style rompt catégoriquement avec Racim qui a eu beaucoup de disciples et d’épigones. L’apport de Ameur aux arts arabo-musulmans est technique et thématique : il consiste en une nouvelle mise en page, une innovation constante en matière de motifs décoratifs, une couleur et un dessin nouveaux et plus proches de la peinture moderne et, surtout, une thématique qui intègre tous les sujets de l’actualité. Ameur est aussi un dessinateur de talent. Oulhaci Mohamed, le doyen des peintres mostaganémois, est arrivé à une peinture où les personnages sont estompés, et dont ne subsiste que des ombres, presque effacées. La femme est au centre du travail de ce coloriste exigent dont la peinture sent la terre et la mer.
Adlane Djeffal balance entre l’abstraction pure et un semi figuratif où la femme est l’élément d’un puzzle composé de personnages et d’objets que nous pouvons lire comme bon nous semble. La femme est également archi présente chez Saïd Chender, dont la toile est généralement structurée en deux ou trois parties qui restituent des ambiances et des émotions différentes. Sa maîtrise des transparences et son dessin valent à cet artiste beaucoup de respect même s’il ne travaille pas beaucoup. Nerveuse, la peinture de Chérif Slimane est inspirée par le terroir local, les ziarate, les waadate et les mausolées mais aussi les fêtes et célébrations traditionnelles. Les mêmes sujets sont abordés par Debladji, Djelloul, Guettaoui, Benali et Hammadi, tandis que Belhachemi se situe dans un registre de recherche formelle et un style non figuratif aux formes empruntées au monde microscopique. Abderrahmane Mostefa est un photographe qui travaille sur la thématique des traditions.
Le livre est abondamment illustré et constitue un document intéressant sur les arts d’une région qui donné de grands peintres et artistes dont Khadda, Abdellah Benanteur et Ould Abderrahmane Kaki.
Misk El Ghanaïm, édité par le Ministère de la Culture, 2008, 218 pages |